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sandrine57

sandrine57
Gémeaux
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Tabachnik, Maud

Flic à Boston, Sam Goodman est dépêché à San Francisco où Dominique Genosi a été repéré. Et Sam est prêt à tout pour arrêter le mafieux français qui a descendu son co-équipier. Mais encore une fois, le coup de filet tourne court et Genosi s'enfuit, semant la mort sur son passage. Sur son chemin, il croise la route des frères Hunter et monte dans leur vieux mobil-home. Gil et Jeffrey Hunter, des jumeaux pas très malins mais qui manient le couteau à la moindre contrariété, ne sont certes pas les associés idéaux pour l'arrogant français, mais ils peuvent être le moyen pour lui de se sortir de l'impasse en montant un gros coup. Car Genosi doit se refaire financièrement, trouver de faux papiers et quitter les États-Unis qui ne lui ont pas porté chance. Alors que la police de San Francisco patauge pour retrouver sa trace, Sam embarque son amie journaliste Sandra Khan dans sa traque. La jeune femme, encore secouée par sa récente rencontre avec un tueur en série, ne tient pas la grande forme, mais suivre la cavale meurtrière du trio pourrait être une façon de se remettre en selle.

Nouvelle rencontre entre les deux héros récurrents de Maud Tabachnik. D'abord, Sam Goodman le flic juif de Boston, doté évidemment d'une mère juive qui cherche à le nourrir et à le marier et ensuite la journaliste lesbienne Sandra Khan, basée à San Francisco. Voilà pour les présentations. Du côté des méchants, le corse Dominique Genosi, une pointure chez les mafieux de la Côte d'Azur mais un loser de l'autre côté de l'Atlantique. Lâché par ses collègues locaux, il végète dans des motels miteux, vole des voitures après avoir refroidi leurs propriétaires et finit par s'acoquiner avec des autres losers, les jumeaux Hunter. Tout ce beau monde est bien sûr sans foi ni loi.
Rythme soutenu, beaucoup d'actions mais aucune profondeur. Encore une fois, Maud Tabachnik peine à convaincre. Ici le style sombre dans la vulgarité et les clichés pullulent. Écrire un polar à l'américaine n'est pas à la portée de tout le monde...

Le sang de Venise, roman
Indisponible sur notre site
Maud Tabachnik

Venise, 1575. Même si elle est sincèrement éprise de Joseph, son fiancé, Rachel da Modena rechigne à compléter son trousseau et à fixer la date du mariage parce qu'une fois mariée, elle devra se consacrer à son foyer et abandonner ses escapades hors du ghetto. Au grand dam de sa mère, l'intrépide jeune fille n'aime rien tant que de fréquenter les ateliers de peinture de la ville, particulièrement celui du Titien où elle se frotte à l'aristocratie vénitienne. Mais la liberté dont elle jouit, et avec elle tous les membres de la communauté juive, est mise à mal le jour où l'on découvre le cadavre d'un enfant dans un canal près du ghetto. Alors, les vieilles superstitions se réveillent et l'on murmure de plus en plus fort que les juifs tuent les enfants chrétiens pour fabriquer le pain de Pâques avec leur sang. C'est là une opportunité en or pour Bernardino da Montova, un moine franciscain nouvellement arrivé en ville qui en profite pour attiser la haine des juifs qu'il rêve de voir chassés de la ville, voire du pays. Pour laver l'honneur de sa communauté, Rachel décider de mener l'enquête et de débusquer le véritable meurtrier.

Avis mitigé après la lecture de ce polar historique pas tout à fait convaincant. D'abord, il faut oublier le côté polar qui est ici un peu délaissé au profit de l'Histoire. Il y a donc crime mais pas d'enquête puisque le coupable est tout trouvé : c'est un juif, peu importe lequel, pourvu qu'on livre à la justice un membre de cette communauté tolérée mais pas appréciée. Ensuite les personnages sont assez manichéens. Rachel la jeune juive est parée de toutes les qualités, belle, rebelle, éprise de liberté, féministe avant l'heure et à l'opposé le moine franciscain et ses acolytes ne sont que noirceur, fourberie et intégrisme. Et pour finir, le roman est trop court pour être approfondi et cohérent. On passe donc, à la vitesse grand V, de cette affaire de prétendu crime rituel à la grande peste qui s'est abattue sur la ville et le continent européen telle une punition divine. Le tout est parsemé de bons sentiments, de traditions juives, avec une pointe d'amour saphique peu crédible.
Heureusement, tout n'est pas mauvais, Maud Tabachnik s'étant bien documentée sur l'époque et la ville. Les belles descriptions de la bouillonnante Sérénissime et le contexte géopolitique bien expliqué sont les points positifs d'une histoire à deux doigts de sombrer dans le mièvre. Il est, en effet, intéressant de découvrir l'opposition de Venise avec Rome où le pape enrage de voir les juifs bénéficier d'une relative liberté sur les terres du doge. Mais si l'enjeu est religieux, il est surtout économique. La Turquie est l'alliée des juifs et les offenser fermerait la porte aux échanges commerciaux vénitiens, laissant à quai sa marine marchande et ses grandes ambitions.
En bref, "Le sang de Venise" est divertissant, bien documenté, facile à lire mais il ne faut pas trop en attendre sous peine d'être déçu.

EbookTous les robots s’appellent Alex
Indisponible sur notre site
Jean Bury

Éradiquée par un virus, l'espèce humaine a disparu depuis deux millénaires. Même le Gondwana, un immense vaisseau spatial, espoir de survie, n'a su sauver les hommes. Infectés eux aussi, les derniers hommes se sont tous éteints à son bord. Depuis il tourne dans l'espace, commandé par une intelligence artificielle, "Père", dernier gardien du souvenir du monde des hommes. Mais si cette I.A. n'est qu'une voix, A-Lex, lui, est un cyborg très performant. Crée par Père à l'image de l'Homme, A-Lex a grandi seul, en se conformant aux ordres de son créateur. Mais avec l'adolescence arrivent les questions et la rébellion. Le petit cyborg va chercher des réponses et découvrir le secret de sa création, bousculant à jamais le cours de sa vie.

Un texte à la fois philosophique et poétique qui, malgré sa brièveté, interroge sur sur de vastes questions existentielles. Qu'est-ce qu'un homme ? Grégaire par nature, l'homme peut-il vivre seul ? Comment se construire sans passé ni perspective d'avenir ?
Toutes questions fort intéressantes, mais malheureusement pas assez développées ici. A-Lex est un personnage attachant dans sa quête de savoirs et on aurait aimé l'accompagner encore un bout de chemin...
Une belle écriture, immersive au point qu'on se sent flotter dans l'espace à bord du vaisseau et un auteur qu'on aura plaisir à retrouver dans un texte plus long.

La Peste
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Albert Camus

Cela avait commencé tranquillement, lors d'un printemps comme les autres. Quelques malades, quelques décès. Rien de grave, rien d'important, pas de quoi bouleverser le quotidien, pas de quoi se sentir concerné. Et puis, le nombre de malades a augmenté, s'est envolé... Finalement, il fallait peut-être s'y intéresser à cette maladie mortelle. Prises au dépourvu, les autorités ont mis du temps à prendre la mesure du problème, ont tâtonné, ont esquivé, pour enfin décréter prendre des mesures radicales :une mise en quarantaine généralisée, l'isolement des malades, l'ouverture de lieux entièrement dédiés aux nouveaux patients. Et le quotidien a bel et bien été bouleversé. Par l'isolement, la séparation d'avec des êtres chers. Par la peur d'être infecté. Par les chiffres de plus en plus hauts énoncés tous les jours. Par la possibilité que cela n'arrive pas qu'aux autres. Dans les hôpitaux surchargés, les médecins n'ont pu que constater l'absence de lits, la pénurie de matériel, le manque de médicaments, certes commandés mais qui tardent à arriver, les tentatives pour trouver un remède efficace. Et ils ont du s'habituer à l'impuissance, à la mort. Dans l'épreuve, certains se sont révélés égoïstes, centrés sur eux-mêmes, prêts à tout pour briser la quarantaine ou à tirer profit de la crise. D'autres ont remué des montagnes pour aider, soulager, se mettre à la disposition de la communauté. La maladie touchait tout le monde, les riches, les pauvres, les vieux, les jeunes. Mais bien sûr les plus pauvres, entassés dans des appartements exigus, étaient les premiers atteints. Dans les commerces, les vivres manquaient et des queues se formaient devant les vitrines de moins en moins approvisionnées. Les familles tentaient de voir leurs malades mais les hôpitaux étaient interdits au public. Les enterrements se faisaient à huis-clos, les larmes étaient solitaires. On espérait qu'avec l'été, la maladie perdrait peut-être en virulence mais cet espoir fut vain. La chaleur écrasante exacerbait les susceptibilités mais laissait le virus de marbre. Et les plages fermées ne pouvaient être une consolation pour ces confinés en mal de liberté. Les médecins qui attendaient une baisse significative des cas se retrouvèrent avec un ''plateau'', maigre résultat mais qui constituait une respiration pour ces pauvres hères confrontés quotidiennement à la mort, ne comptant plus les heures passées aux côtés de patients agonisants.
Ainsi les médecins soignaient, les bénévoles aidaient, les curés priaient, les fossoyeurs enterraient et le miracle eu lieu. La maladie se retira lentement, laissant derrière elle la peine et le deuil. On disait qu'il y aurait un avant et un après l'épidémie. Et on avait pensé à l'après, forcément. On le voyait joyeux, festif. Il fut doux-amer...

Bien sûr c'était Oran, c'étaient les années 40, c'était la peste comme métaphore du nazisme...
Mais cela pourrait être la France, l'année 2020, le coronavirus. Et c'était inquiétant, voire angoissant, de constater que l'impuissance face à une épidémie est la même, que les moyens mis en œuvre pour la combattre sont les mêmes, que ce texte aurait pu être écrit aujourd'hui.
Lire cette œuvre dans le contexte actuelle lui apporte une lumière particulière. Il y a quelques mois encore, on aurait parlé de la guerre, du nazisme, des camps, on aurait analysé les personnalités du docteur Rieux et des divers protagonistes, on aurait peut-être évoqué une lecture laborieuse, un texte exigeant, une certaine lenteur, une absence d'intrigue. Mais menacé par un virus potentiellement mortel, confiné, privé de libertés, le lecteur de 2020 cherche (et trouve) dans "La peste", les similitudes avec ce qu'il expérimente au quotidien et se trouve immergé dans un classique qui entre en résonance avec son propre vécu.
Une expérience dramatiquement étrange.

Les suicidées
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Val McDermid, Val McDermid

La BEP est morte, vive la BREP !
Après le démantèlement de la Brigade d'Enquêtes Prioritaires de Bradfield et la démission de Carol Jordan, son équipe a rejoint d'autres brigades mais tous se languissent de leurs missions spéciales et de leur cheffe.
Dans les hautes sphères du pouvoir, on aimerait voir renaître la BEP mais sous une autre forme. Il s'agirait de la Brigade Régionale d'Enquêtes Prioritaires, chargée d'élucider les crimes dans tout le nord de l'Angleterre. Pour la diriger : Carol Jordan, bien sûr ! Mais l'ex-flic retape une grange au fin fond de la campagne et panse ses blessures à la vodka. Pourtant, certaines circonstances vont l'obliger à reprendre le collier et grâce à son ami, le psychologue et profiler, Tony Hill, à, peut-être, arrêter la bouteille.
Avant les débuts officiels de la BREP, histoire de se mettre en jambes, l'équipe se penche sur plusieurs suicides qui ont attiré l'attention de Tony. Des femmes, féministes convaincues, ont tenu des propos engagés qui ont déplu à certains hommes. Harcelées, insultées, menacées sur internet, ces femmes de caractère ont fini par craquer et mettre fin à leurs jours. Mais Tony ne croit pas au suicide...

C'est toujours un plaisir de retrouver le duo emblématique de Val McDermid. Carol et Tony dont on connaît les failles et aussi les rapports houleux sont ici sur la voie de la réconciliation et même si l'inspectrice rue dans les brancards, le profiler est bien décidé à lui apporter toute l'aide possible pour lui faire abandonner la bouteille. Autour d'eux, la belle équipe se reforme avec soulagement tant ils ont tous hâte de quitter les tâches subalternes dans lesquelles ils ont été cantonnés par une hiérarchie jalouse des prérogatives de la défunte BEP.
L'enquête ronronne gentiment et ne surprendra pas les lecteurs de l'auteure qui en profite pour faire passer ses messages féministes et LGBT, avec raison d'ailleurs, car on ne dira jamais assez combien est juste la cause des femmes qui réclament justice et égalité et combien elles suscitent de haine chez certains hommes qui se sentent attaqués dans leur soi-disant virilité.
Cependant, Val McDermid est en petite forme. L'intrigue traîne misérablement en longueur pour s'achever en feu d'artifice grâce à des enquêteurs très très inspirés. On tombe dans la facilité où l'intuition tombée du ciel prend le pas sur la recherche d'indices.
Les fans apprécieront tout de même ces retrouvailles avec Carol Jordan et la perspective de nouvelles enquêtes avec la BREP. À suivre.