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Avis de lecteur

Clara

Clara
I am, I am, I am
En stock, expédié aujourd'hui 21,00 €
Maggie O'Farrell

Si au départ, j’ai cru qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles car la forme laissait à l’imaginer et bien j’ai eu faux. Dans ces dix-sept chapitres comme autant de nouvelles, Maggie O’Farrell relate dans ce livre des épisodes de sa vie durant lesquels la mort a tenté de s'inviter.

On frémit, on a le cœur qui s’accélère ou qui se serre mais surtout on ressent viscéralement chaque émotion par l'intensité si juste. Maggie O’Farrell parvient tout autant à capter qu'à retranscrire des événements très marquants tout en restituant à la perfection son état d'esprit. Des événements où l'on trouve une mauvaises rencontre, une maladie grave qui lui a laissé des séquelles, des accidents, une fausse couche, un accouchement très compliqué entre autres.
Il n'est nullement question de sensationnalisme, de complainte ou d’auto-apitoiement. En détaillant ses ressentis et le contexte, elle nous immerge dans ses récits. Ferré par l'écriture, on est subjugué par l'appétit de vivre, chahuté ou bouleversé par la puissance des propos, et l'on sourit à sa capacité de se concevoir chanceuse. Et si elle nous fait part de l'incompréhension froide de certains médecins ou des remarques blessantes entendues, des gestes bienveillants ont été de véritables baumes.

De ses expériences personnelles, elle a su transmettre avec finesse et sensibilité l’essence même de ces intervalles de temps. La grande force de ce livre est que l'intime s'efface pour révéler les sentiments propres à l'adolescente mais aussi ceux de la femme et de la mère qu'elle est devenue.

Avec un sens profond de l’observation, une précision des mots et du détail qui nous agrippe et qui nous embarque, Maggie O’Farrell décrit avec une acuité incroyable des scènes d’un réalisme foudroyant. Une lecture vibrante par sa force et par sa qualité.

"Je me rends compte que je suis encore en train de vivre ce phénomène que je connais depuis toujours. Cette sensation de recevoir un choc, de vivre une situation surréaliste, un peu comme une impression de déjà vu. Tout se passe comme s'il me manquait brusquement plusieurs couches de peau, comme si le monde était soudain plus près de moi, plus tangible que jamais."
https://claraetlesmots.blogspot.com/2019/03/maggie-ofarrell-i-am-i-am-i-am.html

Deux sœurs
En stock, expédié aujourd'hui 17,00 €
David Foenkinos

Mathilde s’effondre littéralement quand Étienne la quitte. En couple depuis cinq ans, ils avaient pourtant le projet de se marier. Courageusement, elle essaie tant bien que mal de se raccrocher à son métier de professeure de français qu’elle aime tant. Sauf qu'Étienne a rompu pour renouer avec son ancienne petite amie. C'est la goutte d'eau pour Mathilde qui sombre dans la dépression. Mise à pied pour avoir giflé un élève, sa sœur Agathe lui propose de venir s’installer chez elle.

Mariée et jeune maman, Agathe est là pour la réconforter et lui apporter son soutien. D’ailleurs avec son mari, le couple fait absolument tout pour que Mathilde aille mieux. Pour que la cohabitation dans le petit appartement se passe au mieux, ils essaient d’arrondir les angles. Mais les jours se transforment en semaines. Tantôt mélancolique tantôt donnant l’impression de remonter la pente, Mathilde s’éternise en abusant de la gentillesse de sa sœur et de son beau-frère. Le bonheur si parfait d'Agathe l'agace et laisse place à de la jalousie sournoise.

Après une première partie sur la rupture qui traîne en longueur, la suite se devine trop facilement.
Ce roman n'est pas déplaisant avec de jolies réflexions mais pour moi, il manque terriblement de relief. Je l'ai refermé avec le sentiment d'une histoire survolée et d'un épilogue très prévisible. Dommage.

https://claraetlesmots.blogspot.com/2019/03/david-foenkinos-deux-surs.html

Dans son silence
En stock, expédié aujourd'hui 20,50 €
Alex Michaelides

Peintre reconnue très en vogue, Alicia est internée en clinique psychiatrique. Elle est accusée d’avoir assassiné son mari plusieurs années auparavant. Murée dans son silence, depuis son arrestation, elle n'a jamais chercher à se défendre ou à expliquer son acte. Faber, un jeune psychothérapeute, intéressé par son cas se fait embaucher dans l’établissement. Non seulement, il veut comprendre les raisons de son mutisme mais surtout réussir là où tous les psychiatres chevronnés de la clinique ont échoué.

À la clinique, Théo est très méfiant vis-à-vis de ses collègues et il n’hésite pas à prendre des initiatives personnelles comme rencontrer l’entourage d’Alicia. Il est très investi dans son travail d’autant plus que sur le plan personnel, son couple bat de l’aile. Le récit alterne le point de vue du jeune homme ambitieux et le journal intime d’Alicia. Et très rapidement, on est assailli de doutes. Si bien sûr on se demande pourquoi Alicia a commis ce meurtre et pourquoi elle refuse de parler, d'autres questions voient le jour notamment concernant Théo qui a connu des périodes instables sur le plan psychique. Petit à petit, on découvre des zones d'ombre mais pas forcément celles que l'on attendait.

J'ai été très agréablement surprise par cette lecture qui se révèle un véritable page-turner avec des personnages bien campés. Alex Michaelides maintient un suspense qui ne faiblit pas et nous réserve des surprises avec un dénouement complètement inattendu. Avec une écriture directe, ce thriller psychologique est prenant, complètement addictif et efficace. Mission accomplie sur toute la ligne !

https://claraetlesmots.blogspot.com/2019/03/alex-michaelides-dans-son-silence.html

Les gratitudes
En stock, expédié aujourd'hui 17,00 €
Delphine de Vigan

"Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui."

C'est avec ces mots que Jérôme définit son métier d’orthophoniste. Il a fait le choix de travailler avec une patientèle âgée et les aide à reconquérir le langage qui leur fait défaut ou s’enfuit. Ancienne correctrice, Michka commence à mélanger les mots, ils s’échappent ou se brouillent avec d’autres. Elle qui vivait seule doit désormais résider dans un Ehpad. Accepter d'être aidé, accepter l'empreinte du changement et des journées où "des petits pas, des petits sommes, des petits goûters, des petites sorties" battent la mesure. Michka peut compter sur les visites de Marie, une jeune femme dont elle est très proche. Car pour Marie, c’est naturel à son tour d’être là pour la vieille dame.

À travers Jérôme, ce soignant bienveillant, l'auteure pose un regard empli d’humanité, de tendresse sur la vieillesse et sur ces vies désormais "amoindries, rétrécies, mais parfaitement réglées".
Tous les personnages de ce livre ont une histoire mais je n’en dis pas plus. Parce que je veux que vous soyez émus comme moi.

Avec beaucoup de retenue et par petites touches, l'écriture sans fioriture souligne en finesse les non-dits et les effets du temps qui passe. Si Delphine de Vigan nous parle des blessures d’enfance, elle nous interroge également. A-t-on su dire à quelqu’un qui nous cher à quel point on l’aime et combien on le remercie ?
C'est fulgurant de justesse et ça serre le cœur. Mais il y aussi des pointes joyeuses et pétillantes d'humour, de malice et surtout une infinie empathie. Ce roman vibrant parlera à tous et fera naître beaucoup de poissons d'eau dans les yeux. Un livre lu apnée totale mais avec un petit bémol pour la fin.

https://claraetlesmots.blogspot.com/2019/03/delphine-de-vigan-les-gratitudes.html

Suiza
En stock, expédié aujourd'hui 20,00 €
Bénédicte Belpois

À 40 ans, Tomás est paysan qui ne compte pas son temps. Ce taiseux vient d’apprendre qu’il a un cancer agressif mais il n’est pas du genre à se plaindre. Proche de ses sous qu’il gagne durement à la sueur de son front, c’est un homme attaché à ses terres. Dans ce petit village de Galice où tout le monde se connaît, l’arrivée de Suiza est vite remarquée. Elle ne parle pas un mot d’espagnol. On dit qu’elle vient de Suisse, qu’il lui manque de la jugeote et qu’elle est un peu idiote. Sa beauté attire les hommes et quand Tomás la voit, il la veut.

Veuf depuis bien longtemps, Tomás n’a pas su aimer et prendre soin de celle qui a partagé brièvement sa vie. Son attirance charnelle pour Suiza est plus forte que tout. Et cette attirance va se transformer en véritable sentiment d'amour. Des petits changement vont s'opérer chez notre grand gaillard et Suiza elle-même va s’ouvrir en laissant de côté ses craintes. Ils s’apprivoisent et se complètent. Si Bénédicte Belpois décrit des personnages entiers souvent maladroits avec l'intime et chahutés par la vie, j'ai trouvé qu'il y avait certains clichés et je n'ai pas été sensible aux quelques traits d'humour déployés.

L’écriture ne prend pas de gants, ça respire de vie, de sensualité et c’est même souvent brut (quelquefois trop pour moi d'ailleurs). Avec en toile de fond une histoire d'amour, on pourrait même s’imaginer déjà une happy end. Sauf que non.
Même si la fin inattendue m’a joliment surprise, j'ai malgré tout trouvé certaines maladresses dans ce premier roman.
https://claraetlesmots.blogspot.com/2019/03/benedicte-belpois-suiza.html