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Avis de libraire

Caroline P.

Fontaine Auteuil

Caroline P.
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Les Seigneurs De L'Argent - Des Medicis Au Bitcoin
En stock, expédié aujourd'hui 19,90 €
MAUJEAN GUILLAUME

L'expression consacrée veut que deux choses gouvernent le monde : l'amour et l'argent. Pour l'amour, des rayonnages entiers peuvent être remplis d'histoires de couples célèbres. Pour ce qui est de l'argent, la chose est beaucoup moins évidente. Même si l'on connaît quelques chefs d’œuvre, ceux de Balzac ou Zola en particulier ayant traité le sujet, les banquiers sont une espèce peu courtisée des romanciers ou des biographes. Pourtant, comme le rappelle justement Guillaume Maujeau, partout où la civilisation s'est développée il y a eu un essor de l'organisation des richesses : l'invention des banques et de ses différents procédés au fil des siècles sont des étapes majeures du développement économique et civilisationnelle. Par une série de portraits dépeignant l'essentiel, on découvre les grandes figures historiques de la finance de la Renaissance à nos notre époque contemporaine. Certains furent machiavéliques, d'autres philanthropes, tous d'une inventivité ou d'une audace remarquables. Ces hommes ont fabriqué un peu plus que moins le monde tel qu'on le connaît, c'est pourquoi ces courtes biographies, bien éloignées de l'aridité de l'essai économique, sont passionnantes.

Louise de Vilmorin / une vie de bohême
En stock, expédié aujourd'hui 23,90 €
Haroche-Bouzinac, Geneviève

Louise de Vilmorin est une figure que l'on croit connaître, le nom qu'elle porte résonne et on a en mémoire la femme élégante presque évanescente. Geneviève Haroche-Bouzinac vient montrer la profonde dualité du personnage : oui, elle fut une mondaine, incarnation d'une aristocratie prise entre son fief familial et un nomadisme cosmopolite ; oui elle fut une femme accompagnée de nombreux hommes, tous célèbres. Mais ce que cette biographie révèle, c'est l'envers de cette image trop simple et réductrice. On découvre une femme surtout mélancolique, en quête d'un amour qui lui échappe toujours et au fil des années construisant avec un véritable sérieux une œuvre importante, multiple allant du roman au scénario, de la poésie au conte. Retraçant aussi à travers cette figure si emblématique l'âge d'or d'un monde intellectuel d'une richesse inouïe, la biographe fait redécouvrir l’œuvre de cette créatrice que l'on confine à un univers suranné mais qui connut toutes les avant-gardes.

Les lumières de Tel-Aviv
En stock, expédié aujourd'hui 20,00 €
Schwartzbrod, Alexandra

Temps futur, monde violent et incertain : voilà planté succinctement le décor de ce roman de fiction politique. Pour plus de détails : le monde s'est réellement radicalisé, les antagonismes sont à leur comble. En Israël, les ultra-orthodoxes se sont emparés du pouvoir et ont instauré un régime strictement religieux. Alors que le pouvoir en place s'apprête à franchir un pas supplémentaire et irréversible vers une surveillance inédite des individus, Haïm, bras droit du Rav qui dirige ce Grand Israël décide de trahir, emportant avec lui les plans secrets de cette ultime stratégie. Il fuit vers Tel-Aviv, qui a fait sécession et est devenu le refuge des derniers libéraux de la région. Nous suivons tour à tour des personnages d'horizons différents qui viennent éclairer de leur destin les alternatives possibles à l'action dans un monde complexe, hésitant à obéir, résistant, aimant... Alexandra Schwartzbrod réussit ce roman comme un condensé de ce qu'elle écrit depuis longtemps, les tensions de la société israélienne, sa culture, la politique internationale, le tout dans un roman d'anticipation fort réussi.

Un garçon sur le pas de la porte
En stock, expédié aujourd'hui 18,00 €
Anne Tyler

Micah Mortimer s’est construit une vie d’informaticien free-lance sans réelles attaches ni aspérités. Dans son quartier de Baltimore il est surtout connu pour être un chic type toujours prêt à aider ses voisins perdus dans les imbroglios filaires de leurs intérieurs connectés. C’est au retour d’une mission auprès d’une vieille cliente que l’attend un jeune homme d’une vingtaine d’années, Brink Bartell qui se prétend son fils biologique. Son précieux quotidien routinier se détraque alors petit à petit. Désormais chaque initiative l’entraîne dans une action qui l’engage un peu plus qu’il ne le souhaiterait.
En quelques dialogues parfaitement habiles la narration avance et se resserre. Anne Tyler croque les vies d’une myriade de personnages qui gravitent autour de Micah, : Baltimore et ses habitants prennent une couleur vivante au point d’entraîner le lecteur avec sympathie dans l’aventure.
Car l’auteure possède cette capacité de nous embarquer dans un récit animé par des personnages ordinaires. On est capté, pris dans les filets d’une vie qui réserve toujours quelques chausse-trappes. C’est une humanité touchante, blessée ou courageuse qui se fait jour au gré de détails qu’elle sait faire saillir au bon moment. Confronté à des situations inopportunes dont il se sort maladroitement, le héros découvre une face cachée de la réalité et un autre lui-même : on est là dans l’ADN du roman américain façonnant les péripéties des destins individuels.

Trois femmes, Madame du Deffand, Madame Roland, Madame Vigée Le Brun
En stock, expédié aujourd'hui 17,00 €
Berly Cécile

Le XVIIIème siècle apparaît comme un havre merveilleux pour les femmes bien-nées, tenant salon, favorisant la circulation des idées, surtout nouvelles. Cécile Berly choisit trois femmes célèbres, trois épistolières et montre trois sensibilités bien différentes. D’abord parce qu’elles appartiennent chacune à des classes différentes de la société, et qu’elles n’y vivent pas exactement au même moment. Madame du Deffand appartient à la noblesse de Cour, a connu la Régence et possède une conscience aiguë de son rang, même si elle reçoit et apprécie Voltaire, elle se montre extrêmement réservée à l’égard des Encyclopédistes. Madame Roland, élevée au couvent, appartient à la bourgeoisie et, se mariant, épouse avec ferveur les idées révolutionnaires et abonde du côté de leurs excès, avant d’y succomber elle-même; en revanche ses idées sur l’émancipation des femmes relève d’une vision très patriarcale de la société. Enfin Madame Vigée-Lebrun est une artiste, la portraitiste la plus recherchée d’Europe, qui se réfugie en Autriche au moment de la Révolution, étant un symbole honni de la société de Cour alors même qu’elle est une des premières femmes à pouvoir exercer et vivre de son art en toute indépendance.
Les femmes éduqués du XVIIIème siècle ne furent donc pas uniquement des dames de conversation, toutes partageant des opinions similaires. En quelque sorte cet essai subtil bouscule des idées reçues ou simplistes sur le rôle des femmes de notoriété publique. On découvre que leur rôle, leurs visées dans la société furent parfois même opposées. En vérité, elles reflètent bien les tensions, les mentalités en mouvement de leur époque avec ceci en commun, néanmoins, qu’elles se savent toutes moins légitimes que les hommes pour prendre la parole. Le genre épistolaire intéressant en soi évidemment, accompagne le sexe féminin comme une façon plus intime de dévoiler ses pensées sans rivaliser avec l’édification d’une oeuvre proprement dite, celle du roman, de l’essai philosophique, politique ou du traité esthétique auxquelles elles auraient pu prétendre.

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