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Avis de lecteur

Nathalie M.

Librairie Page 36

Nathalie M.
Je ne ferai une bonne épouse pour personne, La vie et les amours d'Evelyn McHale, la plus belle parmi les ombres
En stock, expédié aujourd'hui 23,00 €
Nadia Busato

Une femme se jette du 86ème étage de l'Empire State Building. Evelyn McHale se donne la mort le premier Mai 1947. De ce fait divers se tisse une toile, une réflexion, une concordance ou discordance des êtres aux autres, au monde qui ne cesse de devenir, en accéléré, toujours plus accéléré vers demain.
L'auteur mène l'ouvrage de mots, de chapitres, de personnes lues comme des personnages, reflets d'une réflexion intérieure et profonde de ce qu'est vivre.
Une lucidité, des mots posés justes et donc forcément terribles parfois, souvent.
C'est un roman qui impose la lenteur, la réflexion, un regard sans concession sur le fait d'être en vie, à la vie.
C'est âpre, et en même temps, on sent poindre en soi la sensation d'effleurer au plus près la réalité. Cette sensation apaise.

Ordesa
En stock, expédié aujourd'hui 23,00 €
Manuel Vilas

C'est le deuil des parents qui ne se fait pas, qui se fera peut-etre d'écrire.
Manuel Vilas écrit la mort de son père, puis celle de sa mère.
Il parle aussi, peu à peu, des autres disparus de sa famille.
Il dit cette famille dont il est, en donnant à chacun des noms de grands musiciens, parce qu'il aime la musique, parce qu'elle est son refuge.
L'écriture est de l'instant, dans le surgissement de l'absence définitive des etres disparus et tant aimés, mal surement mais aimés.
Manuel Vilas écrit l'Espagne au fil du temps, la pauvreté, son Histoire au regard de la vie, de l'histoire des siens, de la sienne, de celle de ses enfants qui s'éloignent de grandir.
Il dit sa solitude dans la perte.
Il dit le fait de n'être que de passage, l'humilité dans laquelle ça nous installe de le savoir.
Il met en relief ce qu'il n'a jamais su des siens et ne saura jamais, de la pudeur, de n'avoir pas osé dire ou demander.
L'auteur nomme un lieu, Ordesa, qui n'est que des etres chers disparus.
Ordesa est le lieu du père surtout.
Ordesa est un ouvrage de fragments, intense, profond, émouvant qui touche à l'essentiel comme questionnement perpétuel quant à notre humanité plurielle.

Mur Méditerranée
En stock, expédié aujourd'hui 22,00 €
Louis-Philippe Dalembert

Trois destins féminins dans l'exil. Celui de Chochana, Nigériane. Celui de Semhar, Érythréenne. Celui de Dima, Syrienne.
Ces trois femmes ont longuement pensé, échafaudé, organisé leur exode vers un ailleurs pour échapper à leur terre natale, baignée de sang, de dictature, ou de sécheresse.
Trois femmes dont l’histoire à traverser la mer Méditerranée – ce mur – les lient les unes aux autres, des circonstances.
Traversée faite de soumission, de violences latentes ou surgissantes, de deuils, de disparitions.
Traversée confrontées à la mort ; celle des autres, celle de proches aussi, en tentant d’y échapper elles-mêmes.
Traversée comme ne plus pouvoir rien faire qu’attendre qu'elle se termine d’une façon ou d’une autre.
Traversée comme se confronter à soi-même, aux autres, en œuvrant vers un avenir de tenter de tenir et survivre.
De cette lecture, on vit le périple de chacune.
On saisit l’humanité, la ténacité, la souffrance au-delà de ce qu’on peut imaginer de seulement tenter d’imaginer.
De s’informer, on sait les clandestins, les naufrages, les morts perçus comme masse d’êtres sans visages et sans noms qui sombre dans la mer.
On sait ceux qui débarquent sur les côtes européennes, l’accueil qu’on leur réserve fait d’attente, de démarches administratives longues, voire de refoulements.
Par cet ouvrage, on lit trois destins, on découvre trois femmes dont on voudrait qu’elles s’en sortent, parmi d’autres évoqués dont on sait qu’ils disparaissent, meurent sans en connaître vraiment les circonstances. On ne fait que supposer. On se trouve témoins directs.
Ce roman enjoint à voir, à savoir, à poser son regard sur les faits, sur les citoyens du monde d’où qu’ils viennent, où qu’ils aillent.
Une écriture vive, qui sonne juste. Une écriture dense, sans fioritures qui donne à percevoir les êtres et leur traversée de l’intérieur.
Ce roman inspiré du sauvetage d’un bateau de clandestins par un pétrolier danois en 2014, confronte le lecteur à ce qu’il ne savait pas, à ce qu’il n’osait pas imaginer peut-être.

Clouer l'ouest
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 15,90 €
Chevalier, Séverine

C’est un court roman.
On s’y sent évoluer dans les limbes.
Les limbes d’on ne sait quoi, d’on ne sait qui, tout du long.
Et puis, on finit par saisir et être saisi.
Karl est parti, il y a longtemps, pour échapper aux lieux de l’enfance, aux êtres aussi évidemment.
Aujourd’hui, il est dans une situation matérielle alarmante, d'erreurs et de dettes de jeu cumulées. Il ne voit d’autre solution que de retourner vers ce giron familial, dans une espèce d’urgence viscérale, comme se jeter dans la gueule du loup.
Il y va avec Angèle, sa petite fille de cinq ans, qui ne parle pas, mais saisit tout des êtres, des situations de son grand regard pétillant.
Une écriture telle une langue poétique qui se murmure à votre oreille.
Oreille que vous tendez encore davantage, du récit de plus en plus haletant, pour mieux comprendre, dans l'attente tendue vers ce qui va se vivre et se révéler.
De cette langue, une atmosphère surgit.
Des êtres tranchés, denses et des ambiances subtiles, sans contour, s’esquisse un paysage.
On se trouve face à un tableau dont on ne cesse de découvrir des détails surprenants, offrant l’ensemble évident.
Vous n’avez d’autre choix que d’aller au bout du récit, dans une espèce de frénésie, dans un questionnement permanent. Vous êtes intimement lié, imbriqué dans la langue qui se déploie.

Je parle à un homme qui ne tient pas en place
En stock, expédié aujourd'hui 14,00 €
Gamblin, Jacques

C’est comme une friandise, ou un rafraîchissement, ce qui tombe plutôt à propos au coeur de l'été. Mais quelle densité derrière l'apparente légèreté.
On lit une correspondance d'aujourd’hui, avec les outils modernes. Échanges de textes plus ou moins longs, textos ou courriels proposés à tous dans un livre, et sur scène aussi dans un proche avenir.
Richesse de ces deux êtres là ; un comédien, Jacques Gamblin et un navigateur, Thomas Coville.
Ça respire la fraternité, l’évidence, l’amitié avec un grand a, façon “ Parce que c’était lui, parce que c'était moi “ qui se construit pas à pas.
C’est drôle, émouvant, profond et léger à la fois des intuitions qui portent dans les moments à écrire pour celui dont on sait qu’il va lire.
Êtres pleins et intenses, qui ne cessent de s’éprouver de seulement faire vers on ne sait quel but à soi imposé, incapables de tenir en place. Quelle importance, voire quelle nécessité de pratiquer les disciplines respectives explorées, pour être, et devenir à soi, aux autres, du monde ?
Lire cet ouvrage, c’est comme voyager en intérieur, de profondeur.