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Avis de lecteur

Eric R.

Librairie La Grande Ourse

Eric R.
Les beaux étés / La fugue
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 14,00 €
Zidrou

Avec le Tome 5 de la série Les Beaux Etés, Zidrou et Lafebre, nous ramènent en 1979 quand les Pink Floyd faisaient rêver les adolescents. Nostalgie et tendresse garanties.

Il est en BD comme en amour, des rendez-vous que l’on attend avec impatience. C’est donc avec un plaisir renouvelé que les lecteurs ont retrouvé les tribulations de la famille Faldérault. Inutile de tourner autour du pot: ce dernier album ne vous procurera pas un sentiment de transe ou d’addiction. Pas de suspense haletant, pas de crimes à élucider. Le scénario peut se résumer au titre « La Fugue » et à ces quelques mots: hiver 1979, Pierre et sa femme Mado décident de partir au soleil pour Noël. Seulement, Louis adolescent aux cheveux longs et aux idées courtes (?) décide de leur fausser compagnie sur l’autoroute pour se rendre à Londres, assister à un concert des Pink Floyd.

Les auteurs reprennent les recettes qui ont si bien fonctionné auparavant basées sur la tendresse, la répétition des évènements familiaux, que facilite une chronologie chaotique, permettant de découvrir des personnages dans le désordre de leurs âges et de leur évolution.
Quand Lugano et Cauet, agitent avec « Les Vieux Fourneaux » l’humour caustique, politique et actuel, Zidrou et Lafebre, préfèrent verser dans la nostalgie du temps d’avant et dans les plaisirs simples des vies de famille.

Ce qui touche finalement le lecteur, c’est l’intimité que créent la simplicité des scénarios et l’identification à des situations que nous avons tous vécues, à la manière d’une chronique quotidienne, rythmée par les paroles des chansons de l’époque. Les parties de Mille Bornes s’accompagnent des préoccupations d’ados, en conflit avec des parents qui ont une vie de « frustrés ». Mam’zelle Estérel, 4 L de Luxe, 6 glaces, modèle 1962 est toujours le support des rêves d’évasion vers un soleil que ne voit guère le Manneken Frites à la frontière, où l’on déguste des fricadelles sous une pluie battante.

Ce registre de tendresse, le dessin de Lafebre l’accompagne à la perfection avec de larges cases qui accueillent les frimousse polissonnes, boudeuses, gouailleuses des quatre enfants de la famille qui, comme tous les enfants de toutes les familles, râlent, rêvent, pestent, détestent et aiment leurs parents. A la manière de Franquin, quelques personnages secondaires, traversent agréablement chaque nouvel album, pour fournir une galerie de portraits savoureuse.
Un beau cadeau de Noël pour toute la famille.

Au plus près
En stock, expédié demain 22,00 €
Anneli Furmark

Raconter la naissance du sentiment amoureux chez des adolescents, sans caricature ou cliché, n’est pas chose facile. Lorsque les adolescents sont deux garçons, la tache est encore moins aisée. Pourtant la Bd « Au plus près », réussit avec une justesse de ton remarquable, ce pari. Un bijou de retenue et de sobriété.

Des BD donnent parfois l’impression d’être coloriées avec des crayons de couleurs. Cela permet d’exprimer une forme de violence enfantine ou la force de sentiments primaires, forts et nouveaux. Ces couleurs, mêlées à l’aquarelle, la dessinatrice suédoise Anneli Furmark, les met au coeur du roman graphique « Au plus près », adapté du roman de l’écrivaine norvégienne Monika Steinholm.

Des sentiments forts, juvéniles, d’amour intense sont en effet suivis « au plus près » dans cette BD qui raconte la naissance et l’acceptation de l’amour réciproque de deux jeunes gens, Jens, roux et rond et Edor, blond et mince. Tout oppose ces deux jeunes norvégiens; leur physique mais aussi leur histoire personnelle et leur caractère. Jens découvre son homosexualité dans un milieu familial tolérant et compréhensif. Edor, qui a le poids supplémentaire d’un lourd secret familial, combat ses pulsions face à un père hostile et à la volonté d’être « normal », d’être amoureux d’une fille comme tout le monde. Admis ou non par l’entourage, cette découverte assumée par Jens, et refoulée par Edor n’en reste pas moins un immense séisme dans leur univers mental personnel.
Par le biais de petits chapitres, le lecteur passe, par un va et vient incessant, des états d’âme de chacun des deux protagonistes, confrontés à leur propre regard et à celui des autres.
Comme les touches d’aquarelle qui éclairent les magnifiques paysages norvégiens, toile de fond d’un été torride et exceptionnel dans cette région du monde, le récit décrit avec minutie et réalisme les souffrances psychologiques de ces deux jeunes hommes qui se découvrent. Autour d’eux, de superbes personnages, apportent le contre point du regard extérieur et racontent la vie.

Les éditions « Cà et Là » poursuivent avec « Au Plus Près » leur ligne éditoriale originale de publications de BD, au graphisme souvent innovant, d’auteurs étrangers comme Marcello Quintalhina ou Joff Winterhart dont l’album « Courtes distances » est assurément l’une des plus belles publications de ces derniers mois. Un travail remarquable d’édition à découvrir et à encourager.

La serpe
En stock, expédié demain 8,90 €
Philippe Jaenada

Dans La Serpe, une enquête minutieuse et toute personnelle, Philippe Jaenada rouvre le dossier d’un triple assassinat commis dans un château de Dordogne en 1941.
On sort de la lecture de La Serpe comme une crêpe (bretonne bien évidemment). Pendant la moitié de l’ouvrage, on cuit d’un côté. Brusquement le cuisinier (ou l’auteur) nous retourne et on cuit sur l’autre face. Au final on est à point, complètement saisi par un « roman » qui, comme un polar vous prend dès les premières pages pour ne pas vous lâcher avant les six cents dernières.

Racontars arctiques / l'intégrale
Indisponible sur notre site
Bonneval, Gwen de

En cette période hivernale, une BD formidable vous réchauffera le coeur. Elle se passe pourtant dans le Nord Est du Groenland mais l’humanité et l’humour de personnages perdus dans la nuit polaire alimenteront vos zygomatiques. « Racontars Arctiques », contes moraux et drolatiques revigorants.

George Sand à Nohant / une maison d'artiste
En stock, expédié demain 24,00 €
Perrot, Michelle

Les murs parlent parfois et révèlent beaucoup de leur propriétaire. En investissant la demeure de Nohant, propriété de George Sand, l’historienne Michelle Perrot, trace un portrait magnifique d’une écrivaine engagée dans son temps et citoyenne plus qu’auteure.
S'intéressant peu à l'oeuvre, qu'elle juge "fade" l'historienne en racontant le lieu et sa vie au quotidien, trace en fait le portrait d'une femme, libre, indépendante, républicaine, sociale, soucieuse des droits civils des femmes. Avec ses faiblesses et ses contradictions certes mais toujours soucieuse de mettre en adéquation ses idées sociales et ses actes.
En trois parties, les lieux, les gens, le temps, ce livre érudit mais jamais ennuyeux, est aussi un remarquable ouvrage sur la vie paysanne au Centre de la France dans la première partie du XIX ème siècle.
Un lieu plus grand que l'oeuvre, magnifiquement raconté comme un récit du Berry.