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Yv

Yv
Obsession
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Michaëla Watteaux

Si l'on se doute, sans même trop chercher, de certains aspects de l'intrigue et notamment du, ou de la, ou des coupable(s), ce roman est suffisamment bien construit et attirant pour tenir en haleine jusqu'au bout. Ce qui fait sa force, ce sont les personnages et les liens qu'ils ont entre eux, souvent troubles, rarement clairs et sains. Beaucoup de non-dits, de suppositions. Des désirs, des envies, des jalousies, des rancœurs, des regrets, peu de remords... Michaëla Watteaux sait plonger son intrigue dans ces considérations humaines et dans un monde impitoyable, celui du cinéma et de l'écriture. Plus exactement dans celui des grandes ambitions. Car Iris rêve d'être LA comédienne, celle qui montera les marches de Cannes et encore plus. Elle parle aussi de la fameuse angoisse de la page blanche, de la peur de ne pas pouvoir écrire, surtout s'il s'agit d'une commande sur un fait divers. Tout cela dans un thriller tendu et serré. Et avec la prouesse de ne pas faire couler d'hémoglobine, de ne pas décrire de tortures ou de cadavre en décomposition. Presque un exploit lorsque le trash est devenu un standard.

Addictif et chronophage, mais c'est pour la bonne cause : un très bon thriller. Je verrais bien, le retour des deux enquêteurs, Anne et Alex, dans d'autres aventures.

Blue moon
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Damir Karakas

Roman d'un monde qui bientôt n'existera plus, puisque la guerre séparera les communautés de ce pays en plusieurs pays. Charlie est croate, son meilleur ami, Jimmy est serbe et aucun ne s'interroge sur leurs origines. Charlie est un étudiant pas forcené qui se pose pas mal de questions, qui renâcle devant les études, le travail, l'engagement avec Eli. Ce sont les événements qui le font avancer, il ne subit pas mais ne fait rien ni pour les contrer ni pour les provoquer. C'est la vie qui avance et il réagit plus ou moins bien devant chaque fait.

C'est un roman à l'écriture moderne, rock'n'roll pourrais-je dire. Damir Karakaš use d'un langage oral pour raconter son pays d'avant la guerre. Malgré la relative insouciance de ses anti-héros , le climat qu'il décrit est pesant. Il y a d'une part cette guerre qui se profile, surtout dans la seconde partie et d'autre part le conflit de génération renforcé par l'attrait de la ville et de la modernité de la génération de Charlie et la ruralité parfois fruste de son père, l'instruction opposée au quasi illettrisme de certains vieux ruraux.

Un très bon roman, sous-titré Rhapsodie rockabilly dans la Croatie des 80's, que je conseille, qui me permet de découvrir les éditions Belleville et qui débute ainsi :

"L'une de mes connaissances, lui aussi rockabilly, a appris la mort de sa mère au salon de coiffure, à la moitié de sa coupe.

Quant à moi, j'ai appris la mort de mon grand-père la brosse à la main. Je venais tout juste de me laver les cheveux et je me sculptais une nouvelle banane devant le miroir quand le téléphone s'est mis à sonner, sans s'arrêter." (p. 7)

Tous les héros s'appellent Phénix
En stock 16,00 €
Nastasia Rugani

Bande dessinée adaptée du roman éponyme de Nastasia Rugani paru à L'École des Loisirs. Je n'ai lu que du bien sur ce roman ce qui ne m'étonne pas tant l'album ci-dessus est bon. Par l'histoire et ses personnages. Les deux jeunes filles qui, avec un papa parti en mer depuis des mois et une maman souvent absente peinent à accorder leur confiance et qui, lorsqu'elles parviennent à trouver quelqu'un de sûr tombent de haut. C'est ensuite, cet homme, Jessup Smith qui sait charmer tout le monde, séduire pour mieux imposer ses volontés à tous prix et notamment à celui des coups. La montée de la violence est formidablement décrite ainsi que la peur, le silence des victimes qui n'osent pas parler.

Sur cette histoire terrible, Jérémie Royer pose des couleurs vives, acidulées. Son dessin est simple, qui s'attarde sur les personnages, leurs émotions et sentiments. Il aurait pu faire un album sombre qui aurait sans doute alourdi le propos, sa couleur joue le contraste et remplit son rôle de mise en lumière du sujet de société en question. C'est une histoire forte sur la violence que subissent certains enfants qui n'ont pas l'heur de plaire ou de satisfaire certains adultes. Un mal malheureusement répandu qui détruit des vies, et même Sacha petite fille vive, drôle et intelligente peine à faire sourire sa grande sœur, surtout lorsqu'elle est témoin des coups reçus.

Excellent album à lire et faire lire.

EbookLe Crime de Lord Arthur Savile
Indisponible sur notre site
Oscar Wilde, Albert Savine

Septimus Podgers est chiromancien et les lignes de la main de lord Arthur Savile lui prédise un funeste destin : il sera un assassin. Dès cette annonce lord Savile repousse son mariage avec la délicieuse Sybil Merton pour ne pas lui faire connaître sa terrible destinée, mais surtout il se met en recherche d'une personne à éliminer pour ne pas faire mentir la prédiction et pouvoir ensuite passer à autre chose, notamment son mariage.

Nouvelle ou court roman délectable. Oscar Wilde égratigne la bonne société anglaise de l'époque, celle qui le condamnera pour sa vie agitée. Sa relation amoureuse avec un jeune lord lui vaudra une condamnation à deux ans de travaux forcés.

C'est le gentil et naïf lord Savile qui est le héros de son histoire noire et drôle. Sa croyance forcenée le pousse à l'aveuglement et à la bêtise, comme souvent les croyances absolues. C'est plus léger que Le portrait de Dorian Gray, mais aussi féroce. Tout le monde a droit à sa critique, la petite remarque sentie, même Scotland Yard. Seuls les pauvres, les malheureux échappent aux railleries du romancier. Lord Asile est un jeune homme influençable, qui se pose encore pas mal de questions."Pour lord Arthur, elle [la question de l'égoïsme ou de l'altruisme] se posa de bonne heure dans la vie, avant que son caractère ait été entamé par le cynisme, qui calcule, de l'âge mur, ou que son cœur fût corrodé par l'égoïsme superficiel et élégant de notre époque, et il n'hésita pas à faire son devoir." (p. 23)

Et comme toujours, chez Oscar Wilde, on retrouve l'élégance, l'ironie et une histoire bien ficelée dont on attend la chute avec impatience. Ça fonctionne un peu comme un conte philosophique, avec morale à la clef, ou au moins interrogations sur les mœurs de l'époque et plus largement sur notre société, car c'est le propre des livres indémodables qu'on puisse en tirer des conclusions intemporelles ou qui collent à chaque époque.

Livre numérique trouvé chez ebooksgratuits.fr. A noter que le traducteur, Albert Savine est un contemporain d’Oscar Wilde.

Babylon Berlin
En stock 16,95 €
Arne Jysch

Berlin, mai 1929, Gereon Rath, jeune commissaire de police vient d'arriver de Cologne : une mi-mutation/mi-sanction. Il est nommé à la brigade des mœurs, considérée à l'époque comme le parent pauvre de la police. A cette époque, Berlin est sens-dessus-dessous : les communistes manifestent partout en ville, réprimés sévèrement par la police.

Et puis, un cadavre est repêché dans le canal. Personne ne le connait, sauf Gereon qui a déjà croisé cet homme de son vivant. Il s'agit d'un exilé russe. Rath décide, dans l'espoir d'être muté à la criminelle, d'enquêter pour son propre compte, avant que cette histoire ne rejoigne les dossiers non élucidés, surnommés ici, "les poissons mouillés".

Bande dessinée fidèle au roman de Volker Kutscher, Le poisson mouillé. A tel point que je reprends mot pour mot mon résumé. J'avais beaucoup aimé le roman, c'est le premier de la série avec Gereon Rath dans l'Allemagne pré-nazie. La BD est en noir et blanc, dessin classique qui permet de mettre un visage sur les héros du roman et de se le remettre en tête, ce qui est une excellente idée. L'autre excellente idée serait de continuer à traduire cette série en français, car elle s'est arrêtée après seulement trois titres (La mort muette, Goldstein). Si l'éditeur de romans ne veut pas, peut-être que Arne Jysch les adaptera en BD et Glénat les traduira, c'est tout ce que je souhaite. Comme le bédéiste est fidèle au romancier, j'aurais plaisir à le retrouver pour la suite.