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Avis de lecteur

Yv

Yv
Le biscuit national
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 18,00 €
Zuska Kepplova

Ils sont originaires de ce que l'on nomme les pays de l'ancien bloc de l'est, Slovaquie, république tchèque, pays baltes, ... et quittent leurs pays pour venir étudier ou travailler ailleurs. Petra et Natália à Paris, Anka à Londres, Mika à Helsinki, Juliana à Budapest. Arrivés sur place, ils logent avec d'autres "étrangers", se débrouillent avec de petits moyens pour vivre, tentent parfois d'apprendre la langue du pays hôte et nouent des relations plus ou moins durables.

Ce roman ou ces nouvelles, puisque ces histoires se suivent, se ressemblent et parfois se recoupent, sous des dehors parfois légers et futiles parlent de la jeunesse européenne, de ses aspirations et de ses envies. Les différents personnages rencontrent assez peu de gens de leur pays hôte, mais ont tendance à être en relation avec d'autres étrangers d'autres origines que les leurs.

Mon honnêteté me pousse à écrire que, bien que ce soient les éditions Intervalles pour lesquelles j'ai une grande estime, je n'ai pas adhéré à tout le texte. Certaines histoires m'ont laissé froid alors que d'autres m'ont plus touché, comme par exemple celles de Mika à Helsinki ou de Natália à Paris pour prendre mes deux préférées. Je ne sais à quoi c'est dû. L'écriture simple parfois directe, parfois plus elliptique, à lire entre les lignes est subtile et à tout pour me plaire et c'est grâce à ses qualités que j'ai lu ce livre en entier. Un bon point pour cet ouvrage qui, malgré mes réserves, ne m'est jamais tombé des mains traite de beaucoup de thèmes importants et intéressants : la jeunesse européenne, le "mal du pays", les conditions de vie des immigrés en Europe, l'acclimatation aux us des pays habités, la difficulté du rêve européen tant les différences culturelles, éducatives, sociales sont fortes et nombreuses.

Flesh empire
En stock, expédié demain 19,00 €
Yann Legendre

Dans des temps futuristes, le monde qui se nomme Singularity est dirigé par des sénateurs. Les résidents sont dotés de mémoires et de corps artificiels qu'ils partagent pour lutter contre la surpopulation. Mais la colère gronde et lorsque des bouts de chair sont volés dans un laboratoire expérimental, les sénateurs commencent à craindre une rébellion bien plus large. Peut-être la renaissance de l'humain...

La première chose qui surprend dans cet album, c'est évidemment sa bichromie : blanc et noir. Des dessins blancs sur des pages noires. Le résultat est étonnant et bluffant. Yann Legendre mélange avec bonheur des lignes droites, des formes géométriques, symétriques avec des courbes. Le dessin des corps peut être une simple et fine ligne blanche et parfois que d'un côté, c'est l’œil qui devine l'autre.

C'est cette première impression qui restera comme un moment incroyable : je viens de lire une bande dessinée comme je n'en avais jamais lue ; je trouve certaines pages sublimes -comme celle où Alkaline rencontre le Datack, lorsque vous y serez, vous verrez de quoi je parle.

Pouf, pouf, je m'emballe... Et l'histoire me direz-vous ? Eh bien, c'est une histoire classique de science fiction dans laquelle les machines contrôlent tout, mais très intelligemment mise en scène et racontée par l'auteur. Inévitablement des questions sur l'intelligence artificielle, sur le Big Data, sur le contrôle que nous subissons chaque jour par caméras, téléphones mobiles et autres transactions bancaires viennent à l'esprit. Yann Legendre n'apporte pas de réponse, d'ailleurs y en-a-t'il ? Il questionne et chacun trouvera ses propres moyens d'y répondre.

Excellentissime bande dessinée, exaltante dont on ressort avec l'envie de la relire et de la relire encore.

Les enquêtes de Cicéron / Comme un cheveu sur le wok : Cicéron à Paris XIIIe
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 10,00 €
Cicéron Angledroit

Le changement c'est maintenant pour Cicéron. René a fait un AVC et est à l'hôpital donc pas vraiment absent du livre, mais absent quand même. Brigitte, la maîtresse historique a posé sa démission ainsi que Jocelyne, maîtresse plus épisodique. Reste Vanessa la fliquette préférée du détective et dans un autre genre Momo, à temps partiel pour cause de cornaquage de son remplaçant à la vente de journaux des sans-abris. Il démissionne lui aussi.

Les affaires ce n'est pas ça non plus, alors, lorsque maître Olivier Tcheng l'engage pour aider l'une de ses jeunes clientes accusée de prostitution et proxénétisme, Cicéron plonge dans Paris XIIIème.

Du changement dans la continuité donc pour Cicéron. Tout change et rien ne change. Je sais tout cela ne veut pas dire grand chose, mais faut bien que je remplisse les lignes. Pour être plus clair, tout change dans l'entourage du célèbre détective : les abandons sus-cités et un quasi engagement avec Vanessa, mais Cicéron reste fidèle à ses principes tout en se posant pas mal de questions. Je ne suis pas sûr d'avoir été plus clair, mais peu importe, le mieux est de lire cette enquête en plein Paris XIIIème. Parce que même s'il est plus introspectif, tout ce qui fait qu'on aime Cicéron est là : une gouaille reconnaissable, des jeux de mots, des copains hauts en couleurs et efficaces -j'exagère, je vante les qualités des uns et des autres dont ils ne sont pas forcément dépourvus mais qu'ils ne savent pas ou ne souhaitent pas mettre en avant, alors il faut bien que quelqu'un le fasse, pour tenter le lecteur-, une famille particulière ou plutôt des bouts de familles particuliers, une manière unique d'interpeller le lecteur et une enquête qui, même si elle n'est pas l'intérêt principal de cet opus -c'est pas moi qui le dis, c'est Cicéron himself (bon, techniquement, c'est moi aussi, mais je ne fais que répéter)- donne la touche polar inévitable chez Cicéron et chez Palémon.

Un onzième volume qui amorce un changement dans la collection des aventures de Cicéron Angle droit, un changement en douceur qui appelle une suite que j'attends. Nul doute que Claude Picq alias Cicéron reprenne du service.

Une Ritournelle Ne Fait Pas Le Printemps
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 19,00 €
Philippe Georget

Retour de Gilles Sebag et de son équipe déjà croisés dans d'autres polars de Philippe Georget. Le flic semble un peu posé, sa vie personnelle va mieux donc lui aussi et il peut retrouver son intuition, son humour aux jeux de mots pas très fins mais qui ont le mérite de détendre l'atmosphère. Dans cette enquête il croisera l'ombre de Charles Trenet qui vécut quelques années à Perpignan : le mort de la procession habitait l'ancienne maison de l'artiste. La présence du poète chantant est forte et ambiguë, ce qui rajoute au plaisir de l'énigme et de la lecture. D'autres aspects de ce roman en renforcent l'attrait : l'histoire de Perpignan et de la Sanch, la description de la ville, de ses quartiers et de ses habitants, la parfois difficile cohabitation entre les gens d'origines diverses, et la présence d'un SDF pas banal, dit Le libraire et ses théories sur les livres à lire en fonction des endroits où il fait la manche. Tout cela est soudé par Gilles Sebag, omniprésent et par ses enquêtes. Philippe Georget écrit un polar qui prend son temps tout en ne le perdant pas ni ne le faisant perdre aux lecteurs. Il explique sans le détailler le long travail de recherche des flics : témoins, indices, portes à portes du voisinage, visionnages des enregistrements des caméras de sécurité, ... Ce n'est pas le côté le plus romanesque du travail des policiers, mais l'évoquer me paraît important. Ce dernier roman de la série des quatre saisons avec Gilles Sebag (L'été tous les chats s'ennuient, Les Violents de l'automne, Méfaits d'hiver) la clôt de belle manière en s'intéressant aux vies des suspects presque plus qu'à celles des flics ; ce ne sont ni des victimes ni des bourreaux, ils sont beaucoup plus complexes que cela. Ce qui donne un très bon polar qui mise avant tout sur l'humain et les relations humaines.

Darnand, le bourreau français
En stock, expédié demain 15,00 €
Patrice Perna

1944/1945, c'est la fin pour Darnand et la milice. La guerre se termine et chacun cherche à s'enfuir ou à se refaire une virginité, un passé de résistant -de la dernière heure-, prêt à tout pour le faire croire. Darnand est arrêté, attend son procès et son issue prévisible : la peine de mort. C'est aussi le moment de régler les comptes.

Troisième tome de la série historique passionnante sur Darnand et la milice ou comment les mauvais choix d'un homme, pourtant héros de la Première Guerre le mènent vers l'horreur et l'ignominie. Comme dans le tome 1 et le tome 2, les auteurs, Patrice Perna au scénario et Fabien Bedouel au dessin, sont très documentés et ajoutent à l'histoire réelle des personnages de fiction. Le tout donne une série formidable qui parle de la guerre, des combats, mais aussi des hommes entraînés à commettre des actes, contre leur volonté. Ici, il s'agit plutôt de Ange, le héros fictif, mais on pourrait le rapprocher des Alsaciens réfractaires au STO qui furent enrôlés de force dans l'armée allemande.

Le tome 3 arrivant un an après le précédent, il est prudent de tout relire pour bien se souvenir des détails, mais qu'importe, ce n'est pas un calvaire, bien au contraire.