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Fiche livre
Profession du père
19,00 €
Profession du père
Grasset
Résumé
Emile subit les lubies et les mauvais traitements de son père, qui s'imagine un jour parachutiste, un autre pasteur ou agent secret américain, devant sa mère indifférente. Une nuit, alors qu'Emile a 13 ans, son père se réveille rebelle chargé de tuer le Général de Gaulle. Il enrôle Emile dans son organisation secrète.

« Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.
Je n’avais pas le choix.
C’était un ordre.
J’étais fier.
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet. »

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Prix du Style 2015
Caractéristiques du livre
  • Date de parution :
  • Editeur : Grasset (08/2015)
  • Collection : Littérature Française
  • Nombre de pages : 320
  • ISBN: 978-2-246-85713-6
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Avis des lecteurs
Camille K. image du profil
(Fontaine Sèvres)

Emile Choulans témoigne de l'horreur dont il a été victime enfant : les coups et la manipulation d'un père mythomane. A l'occasion de la mort de celui-ci, le narrateur se remémore son enfance durant laquelle son père l'avait chargé d'assassiner le général De Gaulle.
Émouvant de bout en bout, terrifiant parfois, le roman de Sorj Chalandon prend aux tripes. Il nous entraîne dans une famille étrange où la peur, la violence et le mensonge sont omniprésents. La force du texte réside dans son écriture magistrale qui nous confirme le talent de cet auteur. Il n'y a rien ajouter sur ce roman, si ce n'est qu'il est parfait.

Claire A. image du profil
(Fontaine Victor Hugo)

Il y a des romans qui vous hantent, vous habitent, vous accompagnent. Celui de Sorj Chalandon en fait partie. Une nouvelle fois un écrivain fait le pari audacieux de parler de l'intime, de son histoire familiale chaotique.
Jamais larmoyant, l'auteur relate les événements de son enfance. Un enfant confronté à la violence de son père, à l'incompréhension et à la lâcheté de sa mère et pourtant jamais de pathos, jamais de grandiloquence, jamais de rancœur.
Tout est dit et bien dit. Le lecteur est sous le choc car l'émotion est intacte.
Adulte le narrateur essaiera de comprendre sans y parvenir, de se construire et de devenir un homme "bien": un être humain capable d'aimer et d'être aimé, l'objectif est atteint.
Une grande leçon d'humilité se cache derrière ce récit qui mérite un soutien sans faille.
Sorj Chalandon est entré dans la cour des grands!!!

Priscillia B. image du profil
(Fontaine Victor Hugo)

Émile Choulans a une particularité, il ne connaît pas la profession de son père. Pour remplir cette case, ce dernier lui disait d'indiquer toutes sortes de professions : parachutiste, pasteur protestant, professeur de judo... Toute l'enfance d'Émile sera ainsi rythmée par les mensonges de ce père affabulateur et mythomane. Il sera comme prisonnier, enfermé dans une sorte de secte familiale, sous la coupe brutale de cette figure paternelle.
C'est avec lui pourtant qu'il va mener ses plus belles enquêtes, l'entraînant dans des missions secrètes toutes plus exaltantes les unes que les autres.
Mais comment profiter de ces courts moments de bonheur quand la violence des coups n'est jamais loin...

Partagé entre effroi et comédie, le lecteur passe ici de la compassion au rire, du manque d'air à la surprise et découvre avec sympathie Sorj Chalandon dans ses retranchements les plus intimes.

Sylvie M. image du profil
(Fontaine Victor Hugo)

Comment a-t-il fait ? Comment a-t-il fait ce petit Emile , pour supporter la brutalité et la bêtise de son père, et l'indifférence de sa mère ? Et surtout, comment a-t-il fait pour leur pardonner, pour se remettre de cette enfance violente. Magnifique de grandeur d'âme dans ce qu'il ne donne pas place au ressentiment, le petit Emile devenu grand a gagné face à la violence et la brutalité; gagné le droit de vivre, d'être heureux et d'aimer son fils comme il ne l'a jamais été. Bouleversant.

Marine S. image du profil
(Fontaine Villiers)

Emile est un adolescent fragile qui subit les coups de sang d'un père violent et la passivité maladive de sa mère, une femme complètement soumise à son mari. Ce père donc, homme jaloux et colérique qui se prétend tour à tour parachutiste, pasteur, membre de la CIA et de l'OAS, mythomane et paranoïaque dangereux, reste aux yeux d'Emile un héros, un vrai. Aussi, lorsque ce dernier lui demande de travailler pour l'OAS et de monter un attentat contre de Gaulle, c'est le coeur léger et rempli de gratitude, sûr de son importance, que l'adolescent accepte.
Sorj Chalandon nous livre un roman bouleversant et débordant d'amour. Dans le contexte de la guerre d'Algérie qui exarcerbe les passions, Emile est pris dans le tourbillon des mensonges de son père jusqu'à presque se perdre. A travers les yeux et la voix de cet adolescent solitaire, c'est toute la folie du père que le lecteur découvre alors même qu'Emile n'est conscient de rien. L'amour aveugle, l'amour pardonne, l'amour est tout et Sorj Chalandon, un grand auteur.

Alex-Mot-à-Mots image du profil

Oui, ce roman raconte la folie du père. Mais le personnage qui m’a la plus intéressé, c’est le seul personnage féminin du roman : la mère.

Elle n’est jamais loin, toujours inquiète et pourtant silencieuse. Mise à l’écart par le père, elle sait pourtant tout ce qui se passe dans la maison.

A-t-elle réellement conscience de la folie de son mari ? Jusqu’où est-elle prête à aller pour le couvrir et le dédouaner ? Son dernier geste, celui qui clôt le roman, lui donne finalement le mot de la fin.

Un personnage qui m’a dérangé, vraiment.

Quant au reste du roman, je l’ai trouvé trop journalistique, mais c’est le reproche que je fais habituellement à l’auteur : des faits, encore des faits, des descriptions de faits, un brin d’humour, rarement. Et puis c’est tout. Un peu court tout de même.

J’ai toutefois aimé la phrase du père qu’il aime répéter : "Dans une cellule, il y a un mur de trop" , sans doute le quatrième ?…..

L’image que je retiendrai :

Celle de la mère dormant sur le palier après être allée écouter Les Compagnons de la Chanson, ce que son mari refusait qu’elle fasse.

http://alexmotamots.wordpress.com/2016/01/24/profession-du-pere-sorj-chalandon

Yv image du profil

"Quand mon père me battait il criait en anglais...", ainsi commence l'un des précédents romans de Sorj Chalandon, Retour à Killybegs. Lors de la remise du Prix France Télévision, en 2011 qu'il n'avait pas remporté d'ailleurs (la lauréate était Delphine de Vigan), il était resté parler avec les lecteurs-jurés et m'avait dit que cette première phrase de ce roman était réelle sauf sur un point, son père parlait alors en allemand. Profession du père est la continuité de cette phrase, Sorj Chalandon est sans doute à peine caché sous Émile Choulans, d'après ce que j'ai pu lire sur ce roman depuis qu'il est sorti. C'est un roman bouleversant sur les rapports père-fils totalement dénaturés par la maladie et la violence. Émile n'a de cesse de vouloir faire plaisir à ce père violent qui ne le complimente jamais, au contraire, il le rabaisse systématiquement, le frappe, le punit brutalement. Il croit à ses histoires d'espionnage, d'OAS et de CIA. Même lorsque le fils fait quelque chose de bien une explication du père met fin à sa joie, comme cette fois où par son dessin, Émile a gagné deux places de cinéma : "Ma mère a applaudi. Mon père a souri. Pendant la guerre, il avait sauvé la vie de monsieur Bertholon, le directeur du cinéma. Pendant que je dessinais, il était passé le voir pour lui souffler mon nom. Voilà pourquoi nous avions gagné. Mon père était ravi." (p.178)

Comme à son habitude, Sorj Chalandon, écrit un roman fort et accessible bien que dur. Même si je me dois de dire que je l'ai parfois trouvé trop long, un peu voyeur, mais peut-être est-ce parce que j'en attendais trop, venant de cet écrivain que j'aime beaucoup. Son héros est un jeune homme, mais le langage adopté n'est pas bêtifiant, ce qui est souvent le cas avec des héros-ados. On endure avec Émile, on le soutient puisque même sa mère a du mal à le faire, c'est une femme passive qui tente de le protéger et évitant les coups et les insultes. On se demande jusqu'où il pourra aller pour s'attirer si ce n'est l'amour au moins une marque d'affection et de tendresse de son père. Difficile de se construire après une enfance comme celle-ci, Gérard Garouste en parle dans L'intranquille, son autobiographie d'une manière forte également. Sorj Chalandon aborde ce thème sous forme de roman, une manière différente et tout aussi marquante d'écrire sur les violences paternelles et sur la difficulté qu'a un enfant à sortir du cercle familial malgré les coups et les insultes. On se demande toujours pourquoi les femmes battues restent avec les hommes qui les frappent, mais les enfants devenus grands pourraient aussi partir. Mais l'amour, la demande de reconnaissance, le désir d'obtenir enfin des compliments, des remarques positives est sans doute encore plus fort. Quasiment jusqu'au bout, ces enfants brimés espèreront un geste, un mot du père. C'était déjà vrai dans L'intranquille dont je parlais plus haut. Ça l'est aussi dans Je n'ai jamais eu de petite robe noire de Roselyne Madelénat.

Un beau roman, touchant et fort sur l'enfance lorsqu'elle ne se déroule pas comme elle devrait.

Daïdrée A. image du profil
(Vauban)

Parachutiste, footballer, agent secret... Mais qui est donc réellement ce père qu' Emile adore?
Entrez dans une vie de famille peu commune...

o n  l a  l u image du profil

Profession du père, Sorj Chalandon Mon père ce anti-héros A l’école, au collège, dans la case « profession du père », Emile ne sait pas quoi écrire. Il n’est ni ouvrier, ni employé, ni carrossier, ni restaurateur ou boulanger. Et s’il raconte à son fils qu’il a été pasteur pentecôtiste, soldat, parachutiste, professeur de judo ou encore footballeur professionnel, il se définit désormais comme « agent secret ». En effet, le jeune garçon n’a pas un père comme les autres. C’est un homme qui le réveille au milieu de la nuit pour faire des pompes et porter des haltères, alors qu’il est asthmatique. Il veut l’entraîner à résister. Après le putsch, il ne supporte plus de Gaulle et vote pour l’Algérie française. Pourtant, avant, il appréciait le général, prétendant même avoir été son meilleur conseiller... Bientôt, il fait de son propre fils, de treize ans seulement, un petit soldat,

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u

François-Régis SIRJACQ (Libraire) image du profil

Le père a été chanteur (il a bien connu les Compagnons de la Chanson), footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur dans une mission évangélique, mais aussi et surtout conseiller personnel du Général de Gaulle, « Un ami ».. Nous sommes au début des années 60 et le Général vient de revenir au pouvoir…l’Algérie…. Le père annonce qu’il a été trahi, son meilleur ami est devenu son pire ennemi. Il faut tuer le Général : il demande alors à son fils (13 ans) de l’aider. Avait-il le choix ? c’était un ordre (le fils en était un peu fier tout en ayant peur…) Et la mère dans tout cela ? un livre fort, dur parfois qui tient en haleine du début à la fin.

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