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Fiche livre
Dans la lumière des peintres
21,90 €
Dans la lumière des peintres
JC Lattès
Résumé
L’aventure des Maeght est une saga qui traverse le XXe siècle, ses deux Guerres, ses révolutions politiques, intellectuelles et artistiques, de Moscou à Berlin, de Paris à New York.
 
Aimé et Marguerite Maeght, le fils d’un cheminot du Nord tué lors des premiers combats de l’été 1914 et la fille d’une lignée d’épiciers cannois sont devenus les amis et les marchands des plus grands artistes : Bonnard, Matisse, Braque, Miro, Giacometti, Léger, Chagall, Calder… Partis de presque rien, ils ont construit la plus importante galerie d’art moderne au monde puis la première Fondation en France, à Saint-Paul-de-Vence.
Cette histoire unique, Adrien Maeght, leur fils, l’a vécue au plus près, dès sa plus jeune enfance. Editeur, imprimeur d’art, il a partagé l’existence, les joies, les espoirs et les affres de ces artistes. Cette histoire, il la raconte pour la première fois.
 
Son récit dévoile l’intimité des peintres : la rencontre improbable en 1940 avec Pierre Bonnard et l’affaire du faux testament ; les séances de pose chez Henri Matisse filmées sous la surveillance de la belle Lydia  ; la folle exposition des surréalistes et l’affaire de l’eau bénite de Saint-Augustin  ; les séances de travail dans l’atelier de Georges Braque à Paris, ses courses de vitesse jusqu’à Varengeville, ses balades dans la campagne normande à la recherche de l’inspiration, ses relations orageuses avec Picasso  ; les coulisses de la création de la Fondation de Saint-Paul-de-Vence avec Miro, Chagall, Giacometti et Sert ; l’influence des femmes russes, Nina Kandinsky, Nadia Léger, Vava Chagall…
Amour, jalousies, amitiés, rivalités artistiques, argent, conflits de succession… Dans ce livre, rien n’est laissé dans l’ombre.
Caractéristiques du livre
  • Date de parution :
  • Editeur : JC Lattès (05/06/2019)
  • Collection : Essais et documents
  • Nombre de pages : 300
  • ISBN: 978-2-7096-6250-5
Avis des lecteurs
Eric R. image du profil
(Librairie La Grande Ourse)

Fils du couple fondateur de la galerie et de la Fondation Maeght, mondialement reconnue, Adrien Maeght raconte une des plus grandes aventures artistiques du XX ème siècle. Un texte en forme de testament. Et de plaidoyer.

Dans les dernières pages de son livre « La Saga Maeght », Yoyo Maeght écrivait: « Si Papa possède encore des capacités de jugement, va t’il faire un bilan de sa vie et prendre conscience qu’il s’est privé de l’essentiel? ». Prenant sa fille au mot, sans jamais évoquer ce défi, à l’aube de sa vie, Adrien Maeght, fils de Aimé et Marguerite Maeght, couple fondateur de la plus grande galerie d’art moderne au monde du XX ème siècle et de la Fondation de St Paul de Vence, trace effectivement dans ce livre un bilan de sa vie et répond aux reproches d’une de ses filles. C’est qu’il est terrible le paradoxe de cette famille au firmament de l’histoire de l’art et totalement détruite par des guerres familiales intestines où les perquisitions succèdent aux procès. Sans doute avec l’âge, Adrien a aujourd’hui 89 ans, la tolérance et la compréhension priment sur le combat et la confrontation. Le livre d’Adrien Maeght est donc dénué de toutes violences et répond explicitement avec pudeur à toutes les accusations d’une vie familiale broyée. Quand Yoyo glorifie son grand père Aimé, à qui elle dresse une statue d’airain, Adrien préfère expliquer son comportement jugé d’enfant gâté ou d’incapable, lui qui sera en froid permanent avec son père dès l’enfance mais sera adoré de sa mère qui lui lèguera à sa mort sa moitié du patrimoine des Maeght, provoquant le début de 50 ans de procédure.
On se dit alors que l’art, l’argent, le pouvoir rendent fous. Qui aurait pu imaginer que Aimé Maeght, orphelin de guerre, titulaire d’un CAP de dessinateur lithographe et Marguerite, sans aucun diplôme, allaient rencontrer, faire vivre, vendre, exposer et côtoyer les plus grands peintres du siècle dernier? Adrien nous aide à remonter cette histoire fabuleuse, déjà bien connue mais agrémentée du regard d’un adolescent qui a vécu ces moments privilégiés. La première rencontre avec Bonnard au Canet et l’incroyable dialogue avec Mme Maeght, totalement ignorante des prix pratiqués par le peintre ou les séances de pose avec Matisse racontent mieux que jamais des moments privilégiés de vie et donnent encore plus d’ampleur à la légende. Bonnard sera l’ami, le mentor de Aimé. Matisse sera le pilier des débuts économiques. Braque, à qui Adrien consacre de nombreuses pages tendres et belles sera l’ami fidèle jusqu’à sa mort en 1963.
Elle devait posséder quelque chose de particulier cette famille. Certainement un amour véritable et sincère pour ses créateurs, si différents du commun des mortels et une véritable passion pour l’art. Et l’on ne peut que croire Adrien Maeght quand il explique son amour des oeuvres qu’il côtoie au quotidien dans la galerie, dans son appartement ou chez les artistes. Même sans révélation fracassante, on lit, ou relit, avec plaisir les portraits de Miro, ami infaillible, les exigences formelles de Giacometti, la gentillesse enfantine de Calder, la jalousie de Chagall. Et les repas du samedi chez les Braque autour du fameux « gigot d’agneau ».

Ainsi se lit ce livre, entre témoignage passionnant du monde de l’art pendant un demi siècle et une sordide histoire familiale, dans laquelle l’amour est inégalement réparti. Adrien Maeght écrit au début de son livre qu’il a « adoré » sa mère et qu’il a « beaucoup aimé » son père. Une nuance affective qui explique probablement en partie la déliquescence familiale. Avec le pouvoir. L’argent. Et la démonstration que l’Art ne peut pas, seul, rendre totalement heureux.

Eric

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