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Notre histoire
1920 - Jean AUGOYAT

Quand l’âge et la fatigue empêchèrent Monsieur et Madame Affolter de conserver seuls la direction de l’entreprise, leur fille Geneviève et leur gendre Jean Augoyat vinrent collaborer avec eux en 1920. Ce dernier sut continuer à faire apprécier à de jeunes bibliophiles la beauté des ouvrages et la somptuosité des reliures dont il les faisait revêtir par les habiles ouvriers que son oncle avait formés.

En Janvier 1931, Monsieur Augoyat, frappé par la grippe espagnole, mourut malheureusement en laissant sa femme et son beau-père Olivier Affolter assurer la survie du magasin. Au décès de ce dernier en 1935, Madame Augoyat avait trouvé un successeur. Il s’appelait Louis BON, était entré comme stagiaire en 1930 et avait accepté en 1932 de prendre la direction de la librairie.

1932 - Louis BON

Né à Paris le 3 Septembre 1909 dans une famille de décorateurs et architectes, Louis Bon désira très jeune ne pas suivre la voie familiale et apprendre le métier de libraire. Il entra en 1930 comme apprenti stagiaire chez Monsieur Augoyat et se forma aux techniques de catalogues de livres d’occasion et anciens qui représentaient encore la moitié du chiffre d’affaires. La libraire sur le boulevard Haussmann présentait les livres neufs des éditeurs et, dans l’immeuble mitoyen du 48 rue de Laborde le stock d’antiquariat se trouvait dans trois anciens box à chevaux aménagés dans le fond de la cour.

 

Après le décès de Monsieur Augoyat, en 1932, sa femme proposa naturellement à Louis Bon de prendre la succession dans cette librairie qu’il connaissait plutôt que de s’installer ailleurs. Cette même année Louis Bon se mariait et emménagait dans un appartement au 5ème étage du même immeuble. Jusqu’en 1940 des catalogues trimestriels continuèrent la tradition de la librairie ce qui n’empêchait pas le développement de la littérature moderne dans le magasin et la survie au sous-sol de l’atelier de reliure où travaillait encore un ancien élève de Monsieur Affolter connu de toute la clientèle sous le nom de “Père Paul”.

Louis Bon qui aimait la Vendée, région d’origine de sa femme, put réunir à Paris d’autres passionnés de l’histoire de cette région tels des auteurs comme Louis Chaigne, Jean Yole ou Marc Leclerc et des illustrateurs comme PA Bouroux et Charles Jouas. Quatre titres parurent entre 1935 et 1939 “Mauges et bocages”, “Rivières et forêts vendéennes”, “Vendée maritime” et “Le marais de Monts en Vendée”. D’autres titres furent édités à cette période en particulier “Hardes et uniformes de matelots” suite d’aquarelles de Goichon qui fut immédiatement épuisé. La période de guerre mit une veilleuse sur les activités d’occasion mais permit malheureusement le pillage des stocks des libraires absents de leur entreprise par certains peu scrupuleux restés sur place. Ce fut le cas de Fontaine et la colère de Louis Bon fut grande lorsqu’au retour de captivité il découvrit que les meilleurs pièces de son fonds avaient été enlevées à leur prix d’avant guerre. Au travers des catalogues de confrères, dans les années suivantes, il sut où elles étaient passées.

 

Parrallèlement à son activité de libraire Louis Bon prit part aux travaux du Syndicat des Libraires dont il fut le secrétaire général aux côtés de confrères comme MM Méa, Weil Bannier, Barry. Une longue maladie l’empêcha de récolter ce qu’il avait semé et sa disparition en 1950 ouvrit une période extrêmement difficile où sa femme Marcelle Bon en compagnie de Madame Augoyat durent faire face à des difficultés économiques et fiscales qui faillirent provoquer la disparition de la librairie.

Des années difficiles
Heureusement une véritable chaine de solidarité, regroupant clients, libraires amis et éditeurs conscients de l’importance de sauvegarder une telle enseigne, se mit en place et permit à Fontaine de résister à ses difficultés et à l’installation d’une importante concurrence à une centaine de mètres: la librairie Mangaut. La survie doit beaucoup à des clients comme MM Gall, du Rostu ou Spitzer, à des confrères amis comme Messieurs Weil et Méa et à des éditeurs comme Messieurs Bardet du Seuil, Paclot et Percet de chez Hachette, Bernard de Fallois, Hollier Larousse et bien d’autres. Mesdames Augoyat et Bon purent ainsi continuer à faire vivre la librairie en laissant sommeiller le secteur catalogue et livres anciens. Cette période permit de conserver la clientèle bourgeoise qui habitait ce quartier du Parc Monceau dans de magnifiques hôtels particuliers. C’est ainsi que l’on pouvait rencontrer dans l’arrière magasin où la femme de Jules Affolter venait parfois, la Princesse Murat, Madame Robert Proust , belle-soeur de Marcel Proust, les familles Hottinguer et Vernes ou Monsieur de Fouquières alors chef du protocole à l’Elysée dont le revers de la veste était toujours fleuri d’un oeillet rouge. De nombreuses vedettes du spectacle et de la télévision débutante étaient parmi les fidèles leurs bureaux ou agences se trouvant proches. Passaient à la librairie des personnalités aussi variées que Pierre Bellemare, Régine Crespin, Claude Rich, le général Monclar, Musidora ou Romy Schneider, les directeurs des grandes galeries d’art Adrien Maegh et Louis Carré, l’explorateur Paul-Emile Victor.